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Enfin le tant attendu rendez-vous SM automnal ! Le Somptueusement Mortifiant Sparnatrail
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L'objectif était double. Me faire plaisir, certes. Mais aussi - et surtout - effacer l'amer souvenir de l'édition 2009 qui m'avait
vu errer, hagard, au milieu des vignes, à quelques encablures d'Epernay/de l'arrivée, en quête de tardives grappes susceptibles de me fournir quelque semblant de carburant, quelque
velléité d'allant. A défaut, me voici donc, un an plus tard, en revenant.
Samedi 13 - 20h : Pasta party
Cette année, les convives sont attablés par 8. C'est plus sympa, plus intimiste que les deux grandes tablées de l'an dernier.
J'avise (pas très loin d'Epernay non plus) la première table à laquelle se trouvent déjà assis 3 coureurs dont 2 en grande conversation : je fais la
connaissance de Rémi Bled et de Jean-Jacques Moros qui de toute évidence se connaissent déjà. J'apprends que Rémi est circadien-cent-bornard de longue date - ceci explique cela - et me
rappelle alors l'avoir "suivi" en direct live via internet lors des derniers championnats de France de Roche la Molière auxquels il participait en compagnie de son
camarade de club Denis Dupoirieux (qui allait d'ailleurs finir sur le podium).
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Carottes et céléri injectés par voie sublipapiminale... et me voilà dans le bain... déjà épris
(n'est pas apprendre... j'aurai l'occasion de m'en souvenir) de l'épreuve à venir et d'emblée saturé d'amabilité. "Je t'en prie, après
toi"... " Non, non... je n'en ferais rien, vraiment..."
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Pasta Bolo... nickel. Rien à redire.
Nous ne nous éternisons pas. Rémi rejoint son camping-car. Moi, mon Première Classe.
Bonne nuit, les petits !
Dimanche 14 - 6h : Petit-déj et préparatifs
Un kawa au distributeur pour accompagner un gâteau-sport en chambre - le terme "sport" qualifiant le
gâteau plus que le sport (pas le moment de perdre l'influx) - choco-poire, by Trucmuche.
Dossard épinglé. Manupédicuré de près. Chaussures lacées. Bon...
Ben... Yapuka...
6 gels et 2 barres de pâte d'amande en poche(s). 2,5l de St-Yorre dans le Camelbak.
Je prévois de prendre un gel toutes les 40' à partir du 8ème km.
7h30 / 7h45 : Départ(s)
Je retrouve Jean-Jacques puis Rémi dans le gymnase quelques minutes avant le départ officieux : un échauffement groupé jusqu'en
bas de l'Avenue de Champagne où sera donné le vrai départ à 7h45. Le fond de l'air est beaucoup moins frais - lahiho, lahiho - que l'an dernier, mais le ciel est couvert et si
le soleil se montre, on aura chaud !
Au moment où nous nous rassemblons à l'extérieur du gymnase, j'ai la bonne surprise de retrouver Laurent (Melchior). J'avais été
déçu de ne pas trouver son nom dans la liste des inscrits publiée en ligne. Etant blessé, il attendait de pouvoir reprendre l'entrainement pour se tester sur 2 ou 3 sorties
longues. Et nous revoilà, comme l'an dernier, au départ du Sparnatrail : 55,7km avec un dénivelé positif de 1300m.
Nous nous acheminons en trottiscutant jusqu'au lieu du départ. A Rémi et Laurent - qui ne m'en demandaient pas tant
- je fais la promesse que cette fois-ci on ne m'y reprendra pas : je partirai avec le frein à main, calé sur 5'/km, pour prendre très progressivement une allure de croisière
raisonnable et ne pas rééditer ma Bérézinette de l'an passé.
Las.
Le départ est donné à 7h48, après l'annonce par le speaker d'un certain nombre d'informations relatives à la course du jour. Où on
apprend notamment que Michel Verhaeghe aura fort à faire cette année pour contenir Jean-Jacques Moros. Ils finiront dans le même temps.
Mais... n'anticipons pas.
L'Avenue de Champagne s'élève en pente douce sur un petit kilomètre. C'est l'occasion de fixer le régulateur de vitesse
sur 5'/km, comme annoncé.
M'ouais ? 5' ? Vraiment ?! Allez, quoi... 4'40, ça ira bien !
Ben voyons.
Au bout de l'Avenue, quand tout le Champagne est bu, la course bifurque et revient sur ses pas pour aller franchir un pont qui
nous amène sur un chemin en bord de Marne. Gadouilleux à souhait. Mais pas plus que l'an dernier.
Au kilomètre 6, nous passons au-dessus du canal qui nous sépare des côteaux.
Et voilà les premières bosses. A l'assaut !
Du 7ème au 10ème km, l'altitude passe de 70 à 200m... et le palpitant de 159 à 166. Dommage de ne prendre
garde à ce détail qu'après coup. Car... qu'était-il régulier à 159bpm depuis le départ, ce coeur-là ? Hmm... hmm... hmm... J'ai des doutes, après coup, voire des affres. D'autant plus que je
ne m'autorise en général à flirter avec les 160puls que sur semi ou 10 bornes... le marathon étant plutôt calé sur 155... et donc le Sparnatrail...
Misère, me voilà reparti dans la même puérile galère !
Comme l'année dernière, à 500m près, je passe Laurent vers le 9ème km
Je l'encourage au passage car il semble en difficulté.
Comme l'année dernière, à 500m près, il me reprendra tranquillement vers le 45ème
Mais... n'anticipons pas.
Les kilomètres défilent. Ca monte, ça descend, ça glisse, ça patine.
Au 17ème km, on traverse brièvement Damery - siège de la fameuse Champenoise de la Marne - qui nous propose un
premier ravito, sympatique, en bord de Marne. Je prends un gobelet, un sourire, un abricot et repars. On franchit à
nouveau la Marne pour revenir sur la rive Sud. C'est par là, aux environs du 20ème km que j'avais (très momentanément) pris la première place l'an dernier. Bon signe, à ce qu'il
me semble, cette année, à ce même niveau, je dois être dans les 5 ou 10 premiers. Je suis "donc" parti plus raisonnablement comme je le souhaitais. Ouf !
Je fais quelques kilomètres en compagnie d'un triathlète troyen engagé sur le relais. Il me fausse compagnie assez rapidement, en
même temps que je me fais reprendre par un autre coureur engagé, lui, sur le "grand". J'envisage alors que ce n'est peut-être pas mon Hector qui vient d'accélérer mais plutôt moi qui commence
sans doute à faiblir.
Heu... déjà ?!
Au 24/25ème, je reconnais le passage en sous-bois où Michel Verhaeghe m'avait repris. Je ne note pas immédiatement, par
contre, que mon Garmin s'est arrêté. Ce n'est que 7km plus loin que je me ferai cette réflexion : "dis donc, gars, ça fait quand-même un bout d'temps qu'on reste au 24ème, non
?! ".
7km de réflexion. C'est long !
Du coup, c'est le ravito du 34ème qui approche déjà. Je suis clairement à la ramasse. Toujours dans la course. Mais
plus dans la compétition. A partir de là, il faut finir. Parce que ça ne se fait pas d'abandonner. Même si... j'y ai bien pensé. Il n'y a plus de plaisir. Juste une "agonie
tranquille"... jusqu'au bout. Au niveau de Grauves (je crois), un coureur me double et me voyant mal en point me propose des biscuits salés que j'accepte avec bonheur, gratitude et empressement.
Le simple fait qu'il s'autorise à interrompre son effort pendant quelques brèves secondes - c'est 3 fois rien sans doute - mais ça me regonfle un peu le moral, les batteries, le fier
mongol. J'ai forgé mon corps pour la casse. Et je repars dans un sprint infernal... à près de 5'30 au kilo.
La dernière "grosse" descente est très dure. A tel point que j'envisage sérieusement de l'entreprendre à reculons. Avant de me
raviser. Vu l'état du terrain, je serais assuré de finir sur le dos. Pas très fûté. On descend donc... péniblement... sans doute à l'allure à laquelle je grimpais en début de course.
Vers le 45ème kilo - le maillon maudit, l'endroit mémorable et mémorisé qui me fait penser que bien malgré moi,
jamais 2 sans 3 - Laurent (Melchior) me passe. Après avoir traversé la grand-route et avant d'entamer une bonne grimpette, il prend de mes nouvelles, me propose un gel, de la boisson.
Je le remercie et l'encourage pour sa fin de course. Comme il me le fait remarquer, le plateau est plus relevé que l'an dernier... mais il me semble qu'il devrait pouvoir prendre la place de
2ème V2 car je crois avoir reconnu le premier V2 de l'an dernier, un habitué, très sympa, avec qui j'avais couru quelque 4 à 5km à partir du ravito du 34ème.
Après les Falaises de Cuis, qu'on laisse sur notre droite, commence le long, long, long, ... l'interminable chemin à travers
champs puis sous les vignes... jusqu'à l'entrée Sud d'Epernay... et la tant attendue arrivée. Tout sauf triomphale. Et qu'il va falloir maintenant digérer.
De ce Sparnatrail 2010, je retiendrai toutefois 2 motifs de satisfaction.
1) Bien que pénible, cette fin de trail aura été moins pire que l'an dernier et j'aurai offert un spectacle moins
pathétique... à un public heureusement absent (il n'y a pas franchement foule à l'entrée Sud d'Epernay en passant par les discrets chemins de vignes au bas des côteaux).
2) A l'arrivée, on me tape sur l'épaule... Que pasa ? Quo vadis ? Qui m'veut quoi ?!
Hey !!! C'est Rémi qui vient d'arriver lui aussi ! Et nous finissons donc ensemble... avant de partager une Chimay bien
méritée (tout de même) en compagnie de Laurent et de son épouse.
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